1-On-1 avec Alban BOUANGO de la Cuvée NOGOMBE novembre 24, 2020 – Posted in: Uncategorized

Les métiers de la viniculture restent majoritairement très homogènes de par le portrait classique des acteurs dudit domaine. Parmi ceux qui se distingue du lot, Alban BOUANGO, fondateur de la cuvée NOGOMBE mais aussi de la Cave Plaisirs Bachiques, fait son bout de chemin dans un milieu très fermé de la production viticole et vinicole et ce, bien loin du pays d’où il est originaire. Un portrait sur un parcours haut en couleur à saveur de poursuite de l’excellence.

BAR : Bonjour Alban, pouvez-vous nous parler de votre parcours vous amenant dans le domaine des cuvées ?

AB : Je suis Alban BOUANGO, originaire du Gabon, né à Libreville. Je voue une passion pour le sport, la lecture, les arts contemporains, mais surtout, l’œnologie et la gastronomie.

Je suis Diplômé en marketing et stratégie d’entreprise, j’ai  suivi une formation au sein du prestigieux ISVV (Institut Scientifique de la Vigne et du Vin – crée par Denis Dubourdieu) à Bordeaux.

Cependant, s’il faut parler de genèse, ma passion pour le vin démarre exactement en septembre 2009, où je découvre la vigne à travers une séance de vendange, au Château Talbot (4e Grand Cru Classé St Julien) dans le Médoc. Ce jour-là est particulier, car je ne savais pas qu’il fallait souffrir autant pour élaborer un vin de qualité (rires)! À noter que je me suis retrouvé à cet endroit par le plus grand des hasards, étant donné que je remplaçais un ami. En 2013, après mon Master 2 en Management, je poursuivis dans la gastronomie, pour comprendre les subtilités des accords mets et vins. Une voie différente de mes études, mais qui pour moi, avait un sens particulier.

Entre 2013 et 2016, s’en suit des déceptions professionnelles entre la recherche d’un emploi stable et les difficultés d’emplois dans mon secteur d’activité lié à ma formation. J’ai donc dû enchaîner des petits boulots pour maintenir une assise financière. Malgré ces derniers, l’envie de me lancer dans la vente d’alcool me traversait sans cesse.

Bien qu’entreprendre et les risques que ça comporte étaient un frein, le déclic intervient vraiment après les élections présidentielles 2016 du Gabon, où j’ai décidé de me lancer. Aussi, suite à une opportunité qui s’était offerte du côté de Loupiac avec la famille Sanfourche, qui me tendait les bras, avant de sombrer dans une déception quand j’ai su que cette opportunité n’était en fait qu’un leurre.

En 2017, je me lance comme commercial, fait des rencontres exceptionnelles et construit un réseau pour me lancer complètement dans l’entrepreneuriat en 2018. Ce dont j’ai toujours rêvé. Au cours de mon cursus, je garde en mémoire ma rencontre avec Nicole Tari (Propriétaire du Château Nairac), qui rappellera le lien entre le vin et ses afro-descendants, la famille Castaing et la Famille Beerens qui m’accompagnent dans ce projet également, Bernard Magrez qui va être une inspiration dans le sens des affaires. Une attention toute particulière pour Alexis Lichine, qui va être un soutien spirituel. C’est donc en « Famille » que le projet de la Cave se construit, dans l’Amour, la bienveillance et le désir d’Excellence. Voilà un bref résumé! (rires)

BAR : Quels vins et autres produits proposez-vous ?

AB : Parmi nos sélections, nous pouvons retrouver une cuvée de rosé de Grange Neuve, une cuvée que j’ai élaborée avec le concours de mon référant, Anthony Castaing, héritier et gérant du Domaine de Grange Neuve, basé à Pomport. Il se distingue comme étant un vin de qualité qui, d’où son procédé de fabrication s’aligne avec les normes en matière de respect de l’environnement. Cette cuvée est certifié HVE (Haute Valeur Environnementale), où aucun pesticide n’est utilisé dans le processus de production. Il n’y a aucun produit à risque cancérigène, mutagène, et reprotoxique utilisé. Il n’y a que des engrais verts qui sont utilisés dans le cadre de la production.

Nous avons également du (vin) blanc, du rouge, du jus de raisin de même que du vin pétillant (appelé communément «Champagne »). Il nous est possible de proposer également des vins pétillants hors appellation champagne, ils sont considérés comme étant des crémants.

Pour préciser sur notre sélection, parmi les vins rouges proposés nous avons avons quatre gammes dont trois que je produis :

  • L’ITSORIA, qui est un VDP (Vin de Pays), Merlot, Cabernet sauvignon, Cabernet franc. Il a une Garde de 5 ans. On en retrouve en bouteilles de 75 cl et BIB de 10L.
  • Le BERGERAC, un vin rouge cuve, Il a une Garde de 10 ans. Il existe en bouteille de 37,5 cl, 75 cl, BIB de 5 ou 10L. Il est intense, fin et voluptueux.
  • Le BERGERAC Chênes, un vin rouge de très grande garde. Bouche ample et structurée, belle longueur qui exalte des arômes de cassis et de réglisse avec un final truffé. Il est non boisé.

Enfin, en vins blancs, nous proposons trois types de catégories ;

  • le blanc sec, qui se distingue par ses raisins très jeunes, de type Sauvignon.
  • le moelleux, qui se distingue par des raisins qui sont mûres. Á titre d’exemple, vous pouvez prendre le Bergerac.
  • les liquoreux, qui se distingue par leur longue durée et qui sont fait à base de raisins pourris. Á titre d’exemple, vous pouvez prendre le Monbazillac.

 BAR : Qu’est ce qui fait de votre cuvée une unique en son genre ?

AB : Il faut dire que la qualité du produit est un élément distinctif de notre cuvée. Tout part de l’environnement auquel la production est faite. Il faut savoir par exemple, que sur les terres de Grange Neuve, il a été décidé d’accentuer l’exigence de qualité des raisins que nous utilisons dans le processus de production. Nous sommes passé d’une certification HVE (Haute Valeur Environnementale) au Bio. Nous avons donc renforcé le côté sanitaire de notre production. Il peut être observé que près de 85% de la production qu’on peut retrouver sur les grandes surfaces est souvent de très mauvaise qualité. Ce qui fait que nous ne préférons nous positionner comme étant un produit de haute qualité. Nos cuvées ne sont donc pas en grande surface par choix. Nous optons pour un processus d’achat direct, sans intermédiaire, avec nos clients. Nous veillons à proposer donc une expérience client extraordinaire. En plus d’acheter un vin, nos clients achètent une histoire, une identité !

BAR : Bien que les goûts et les couleurs ne se discutent pas toujours, quels sont selon vous, les caractéristiques d’un bon vin ?

AB : Tous les goûts sont dans la nature, les goûts et les couleurs ne se discutent effectivement pas. Toutefois, il est important de rechercher la qualité. Il est important de comprendre que la qualité n’est pas nécessairement dans le prix. La qualité se distingue par le respect de bonnes méthodes de production ainsi que des produits utilisés. C’est cela qui mène à ce que certaines cuvées ou même boisson soit considéré comme des pépites. C’est justement cet aspect que je recherche. Le but est d’avoir un vin de qualité plutôt que du « bon » vin. Ce qui est bon est tellement subjectif, alors que ce qui est de qualité est clair. Parfois, ce qui est bon, n’est pas nécessairement de qualité, mais très souvent ce qui est de qualité est bon.

BAR : Selon vous, y-a-t ‘il un avenir pour le vin Made in Gabon ?

AB : Je crois qu’il y a un avenir. Une chose importante à savoir est qu’il est possible de produire du vin avec n’importe quel type de fruits. Donc dans le cas du Gabon, il est très possible de faire du vin avec de la canne à sucre, ce qui se fait déjà, sauf erreur de ma part. Bien qu’artisanal, voire traditionnel, le vin Made in Gabon, tel que le moussoungou ou vin de palme est là. Il est important de clarifier qu’on peut faire du vin autrement qu’avec des raisins. Il est même possible de faire du vin de mangues ! Donc oui, du vin Made In Gabon c’est possible, maintenant savoir si le vin au raisin made In Gabon à de l’avenir, c’est une autre question. Une profonde étude est nécessaire afin d’observer l’avenir du vin au Gabon.

BAR : Quel serait le personnage public de vos rêves pour représenter votre cuvée ?

AB : Franchement je n’y avais jamais pensé. Mais si quelqu’un me viens en tête pour représenter la cuvée, ça serait Denzel Washington. Quelqu’un d’assez charismatique.

BAR : Quel est le top 5 de vos vins préférés ?

AB : Je vais devoir départager le top 5 en deux catégories, un top 5 pour les rouges et un autre pour les blancs (rires).

En rouge :

En blanc :

 

BAR : Quel serait tes conseils envers tes confrères souhaitant se lancer aussi dans le domaine des cuvées ?

AB : La persévérance est le mot d’ordre. Il faut savoir que dans ce milieu, j’ai pu moi-même vivre des périodes difficiles. Ce qui faut savoir est que le domaine vinicole est un milieu très fermé. Il ne suffit pas d’avoir des moyens financiers pour y entrer. Pour pouvoir subsister dans le milieu vinicole, comme agricole, il faut un certain savoir-faire ancestraux qui pour la plupart, se transmet de génération en génération. Donc, lorsque l’on décide par chance de vous transmettre ce savoir-faire, les efforts derrière doivent suivre. Ce n’est pas donné facilement. Il faut prouver que vous serez une valeur ajoutée. J’ai personnellement eu beaucoup de chance à parcourir plusieurs châteaux. Avec mes efforts et la persévérance, j’ai pu sortir ma première cuvée et ma prochaine cuvée qui est sur le point de sortir, nommé IBOGA, qui aura pour vocation de se positionner auprès de grands crus cachetés. Donc persévérez, et apprenez constamment.

BAR : Quel est votre limite de consommation de coupe de vin en une soirée ?

AB : Á la base, je ne suis pas quelqu’un qui boit du vin, mais plutôt qui le déguste. Donc dégustez appelle à éveiller les sens, notamment grâce au palais. Boire signifie ne pas contrôler sa consommation, mais déguster c’est goûter, mesurer. Traduire toutes les subtilités du vin. On retrouve trois étapes dans la phase de dégustation, l’étape visuelle, l’étape olfactive et l’étape gustative.

Lorsque l’on parle de la 1ere étape, on évoque la robe. Autrement dit, observer la couleur du vin. Seulement à travers la robe, quelqu’un d’avisé peut même donner l’âge du vin ! Ensuite, la 2e étape c’est l’étape olfactive.  Dans cette étape on saisit la coupe par le pied et non par le calice afin de ne pas le dénaturé en faisant perdre son arôme initial. Et enfin, à la 3e étape qui est gustative, le vin y est introduit sur le palet pour le rouler autour de la langue en aspirant l’air, ce qu’on appelle la retro olfaction, afin d’apprécier à sa juste valeur le goût du vin. Á cette étape, si l’on souhaite avoir une observation plus fine sur le vin dégusté, on le recrache.

Distinction

Alban Bouango, de par ses initiatives a participé à plusieurs salons dont le prestigieux Salon des Vignerons Indépendants à Portes de Versailles. Fait intéressant, celui-ci  fut l’un des rares cavistes afro-descendants noirs à y participer et de surcroît du Gabon.

Pour toutes vos commandes de la cuvée NOGOMBE quel que soit votre situation géographique contactez le +33751468491. Les commandes et livraisons se font à l’international.